Pierre Reymond, Bassin Le Jugement de Pâris, 1568-1572

Pierre Reymond, Bassin Le Jugement de Pâris, 1568-1572 2017-01-10T13:00:28+00:00

Project Description

Pierre Reymond, Bassin Le Jugement de Pâris, vers 1568-1572

Cuivre, émail peint
H : 39 cm L : 50 cm
Signé au dos par les initiales PR
Inv. 18039

Les émaux de Limoges connaissent un important renouveau au XVIe siècle. Au Moyen Âge, la ville s’était déjà rendue célèbre pour sa production d’émaux champlevés. Dans cette technique, les couleurs sont posées les unes à côté des autres dans de petites cavités creusées dans l’épaisseur du cuivre. A la Renaissance, les artisans développent le procédé des émaux peints, dans lequel les couleurs sont posées les unes au-dessus des autres. L’émailleur Pierre Reymond exploite plus particulièrement l’art de la grisaille. Le blanc, posé sur le fond noir, est gratté avant cuisson pour obtenir une couche plus ou moins fine à travers laquelle transparaît le noir. Ainsi, grâce à une extrême maîtrise technique, il obtient de subtils dégradés de gris, qui peuvent ensuite être rehaussés de couleurs et de dorures.
Pour ce grand plat d’apparat, Pierre Reymond reprend une célèbre composition de Marcantonio Raimondi probablement réalisée à partir d’une œuvre de Raphaël. Au centre figure le Jugement de Pâris. Le berger accompagné de son chien remet la pomme à Aphrodite, la désignant ainsi comme la plus belle des déesses. Elle est couronnée par une figure ailée. Ses rivales malheureuses, Héra et Athéna, sont à ses côtés. Dans le ciel, le soleil est incarné par Phébus entouré du zodiaque. A gauche se tient un groupe de trois nymphes auquel répondent à droite trois personnages au bord de l’eau. Au-dessus d’eux apparait une figuration du vent. Toutes ces images sont peut-être des évocations des différents éléments. L’aile et le dos du bassin sont, quant à eux, peints avec tout autant de raffinement de motifs ornementaux composés de créatures fantastiques et de délicates figures végétales.

Marie-Pierre Chaumet