François de Troy, Étude pour un portrait de famille, 1720-1730

François de Troy, Étude pour un portrait de famille, 1720-1730 2016-11-07T20:54:00+00:00

Project Description

François de Troy (Toulouse 1645 – Paris 1730), Étude pour un portrait de famille

Pierre noire, estompe et rehauts de craie blanche sur papier bleu

0,310 m x 0,232 m

Inv. 002.7.1

Frère cadet de Jean, François de Troy reçoit comme lui sa première formation à Toulouse dans l’atelier paternel, puis auprès d’Antoine Durand (Toulouse 1611 – id. 1680). A Paris, avant 1668, il entre dans l’atelier de Nicolas Loir (Paris 1624 – id. 1679) et rejoint ensuite le portraitiste Claude Lefebvre (Fontainebleau 1632 – Paris 1675). Dès 1671, il est agréé à l’Académie et obtient la commande de deux tableaux pour les Bâtiments du roi. Il est reçu académicien en 1674 au titre de peintre d’histoire mais se spécialise bientôt dans le genre du portrait, où il excelle très vite. Devenu le portraitiste des enfants de Louis XIV et de sa favorite madame de Montespan, il réalise en leur honneur des œuvres prestigieuses : Mademoiselle de Nantes en 1690, Le Comte de Toulouse et Mademoiselle de Blois en 1691, La duchesse du Maine en 1694… François de Troy joue un rôle essentiel dans l’évolution du portrait en France à la fin du XVIIe siècle, ouvrant la voie à Nicolas de Largillierre (Paris 1656 – id. 1746) et Hyacinthe Rigaud (Perpignan 1659 – Paris 1743).

Sur fond de parc évoquant une résidence de campagne, le maître des lieux est représenté debout, en chasseur, tenant une longue carabine et deux chiens à ses pieds, avec à ses côtés une fillette, également debout, et son épouse assise, tenant une grande corbeille de fruits. Ce type de portrait exprime une sensibilité nouvelle – alliant le goût de la nature, de la famille et des plaisirs rustiques, aux réminiscences mythologiques – que l’on retrouvera particulièrement chez Jean-Baptiste Oudry (Paris 1686 – Beauvais 1755) ou Jean Raoux (Montpellier 1677 – Paris 1734).

Datée de la fin de sa carrière par Dominique Brême, cette étude illustre une nouvelle étape dans l’évolution stylistique de François de Troy. En combinant l’emploi de la pierre noire et de rehauts lumineux de blanc, largement répandus sur des papiers colorés, le vieil artiste, s’associe à l’image de ses jeunes contemporains, et opte pour une approche plus picturale du dessin.

Mireille Serniguet