V. Mocquet, La Critique de l’Ecole des femmes, XIXe siècle (Acte 1 Scène III)

V. Mocquet, La Critique de l’Ecole des femmes, XIXe siècle (Acte 1 Scène III) 2018-02-19T15:47:27+00:00

Project Description

V. Mocquet pour La Critique de l’École des femmes, vers 1850. Burin, 290 x 200 mm. Acte 1 Scène III

Fonds Molière, musée Paul-Dupuy, inv. 5314

En lien avec le spectacle du Théâtre du Pavé :

La critique de l’Ecole des femmes.  Du 6 au 17 février 2018. Mise en scène : Francis Azéma

ACTE 1 SCÈNE III

CLIMÈNE, URANIE, ÉLISE, GALOPIN.

URANIE.- Vraiment, c’est bien tard que…

CLIMÈNE.- Eh de grâce, ma chère, faites-moi vite donner un siège.

URANIE.- Un fauteuil, promptement.

CLIMÈNE.- Ah mon Dieu !

URANIE.- Qu’est-ce donc ?

CLIMÈNE.- Je n’en puis plus.

URANIE.- Qu’avez-vous ?

CLIMÈNE.- Le cœur me manque.

URANIE.- Sont-ce vapeurs, qui vous ont prise ?

CLIMÈNE.- Non.

URANIE.- Voulez-vous, que l’on vous délace ?

CLIMÈNE.- Mon Dieu non. Ah !

URANIE.- Quel est donc votre mal ? et depuis quand vous a-t-il pris ?

CLIMÈNE.- Il y a plus de trois heures, et je l’ai rapporté du Palais-Royal.

URANIE.- Comment ?

CLIMÈNE.- Je viens de voir, pour mes péchés, cette méchante rapsodie de L’École des femmes. Je suis encore en défaillance du mal de cœur, que cela m’a donné, et je pense que je n’en reviendrai de plus de quinze jours.

ÉLISE.- Voyez un peu, comme les maladies arrivent sans qu’on y songe.

URANIE.- Je ne sais pas de quel tempérament nous sommes, ma cousine et moi ; mais nous fûmes avant-hier à la même pièce, et nous en revînmes toutes deux saines et gaillardes.

CLIMÈNE.- Quoi, vous l’avez vue ?

URANIE.- Oui ; et écoutée d’un bout à l’autre.

CLIMÈNE.- Et vous n’en avez pas été jusques aux convulsions, ma chère ?

URANIE.- Je ne suis pas si délicate, Dieu merci ; et je trouve pour moi, que cette comédie serait plutôt capable de guérir les gens, que de les rendre malades.

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