Il Tintoretto, Samson tuant le Philistin (recto et verso), seconde moitié du XVIe siècle

Il Tintoretto, Samson tuant le Philistin (recto et verso), seconde moitié du XVIe siècle 2016-11-07T20:54:01+00:00

Project Description

Jacobo Robusti dit il Tintoretto ou le Tintoret (Venise 1518/1519 – id. 1594), Samson tuant le Philistin (recto et verso), seconde moitié du XVIe siècle.

Pierre noire sur papier bleu

0,414 m x 0,270 m

Inv. 005.10.13 (Mécénat du groupe Carrefour)

Parmi les sources qui ont marqué le style de l’artiste ont été cités les noms de Bonifacio de’Pitati (Vérone vers 1487 – Venise 1553) et de Giovanni Antonio de’Sacchis, dit Pordenone (Corticelli vers 1483 – Ferrare 1539). Son séjour dans l’atelier de Titien (Pieve di Cadore 1488 – Venise 1576) est écourté en raison d’une rivalité précoce. Sa jeunesse est marquée par son admiration pour le Parmesan (Parme 1503 – Casalmaggiore 1540) et Michel-Ange (Caprese 1475 – Rome 1564).

La scène représente Samson, figure héroïque de l’Ancien Testament, brandissant une mâchoire d’âne (non visible) sur un Philistin représenté à ses pieds, cherchant à s’échapper. Les deux faces présentent le même angle de vue. L’absence de contours précis et la mise en réserve de certains éléments sont contrebalancés par une attention extrême portée au caractère tridimensionnel de la masse musculaire. Les effets de forts contrastes obtenus par l’utilisation du clair-obscur trouve ici son expression la plus marquée.

Ces deux études similaires ont été réalisées par le Tintoret d’après le groupe commandé à Michel-Ange par la République de Florence en 1528-1529 et destiné à orner la place de la Seigneurie. Seul le modèle en cire ou en terre a été exécuté. Ce modèle original est perdu, mais il en existe plusieurs versions en bronze, dont deux sont conservées au musée du Bargello à Florence. C’est d’après l’une de ces versions que Tintoret réalisa plus de soixante dessins. Ils sont généralement de même facture et dessinés sur le recto et le verso de la feuille, comme c’est le cas pour celle présentée ici. Trois autres dessins de ce type sont conservés respectivement au musée du Louvre, au musée Bonnat de Bayonne et au musée des Beaux-Arts de Besançon.

Ce dessin a appartenu à Joshua Reynolds (Plympton 1723 – Richmond 1792), peintre le plus important de l’école anglaise de son époque et collectionneur avisé de dessins et tableaux des plus grands maîtres de l’art. Le musée Paul-Dupuy possède un dessin de Raymond Lafage (Coudoumiac – auj. Lisle-sur-Tarn 1656 – Lyon 1684) Dieu le Père porté par les anges (Inv. 004.20.2) qui faisait également partie de la prestigieuse collection de Joshua Reynolds.

Mireille Serniguet