Sébastien Bourdon, Paysage avec la rencontre de Jacob et Esaü. Vers 1650

Sébastien Bourdon, Paysage avec la rencontre de Jacob et Esaü. Vers 1650 2016-11-07T20:54:01+00:00

Project Description

Sébastien Bourdon (Montpellier 1616 – Paris 1671), Paysage avec la rencontre de Jacob et Esaü. Au verso : deux études de têtes

Plume et lavis d’encre brune sur papier vergé
0,263 m x 0,375 m
Inv. 008.16.1

Fils d’un peintre montpelliérain, Bourdon se rend très tôt à Paris où il est l’élève d’un certain Berthélémy. Il réalise des décors pour un château dans la région de Bordeaux. Puis, arrivé à Toulouse, il s’engage dans l’armée. Il est à Rome en 1634 où il rencontre Andrea Sacchi (Nettuno 1599 – Rome 1661), Nicolas Poussin (Villers 1594 – Rome 1665), Claude Gelée (Chamagne 1600 – Rome 1682)… Dénoncé trois ans plus tard au Saint-Office comme calviniste, il doit quitter l’Italie et s’installe à Paris. De 1652 à 1654, il est à la cour de Stockholm, appelé par Christine de Suède. En 1656-1657, il œuvre pour la cathédrale de Montpellier, mais il doit quitter sa ville natale en raison de l’opposition de peintres locaux, sur fond encore de motifs religieux. C’est à Paris qu’il achève sa carrière.

Le sujet de la Rencontre de Jacob et Esaü est inspirée de l’Ancien Testament (Genèse, chapitre 33), mais très rarement traitée par les peintres : « Jacob se prosterna en terre sept fois jusqu’à ce qu’il fût près de son frère. Esaü courut à sa rencontre ; il l’embrassa, se jeta à son cou et le baisa. ».
Bourdon est plus que jamais influencé par l’œuvre de Poussin, inspiration qui se traduit dans la conception d’une composition à l’antique dont la construction en plans parallèles soigneusement étagés est mise en évidence par le premier plan avec les personnages, puis les éléments architecturaux, le fleuve, les montagnes et enfin le ciel.

Ce dessin majeur constitue une étude définitive pour un tableau daté vers 1650, signalé deux fois dans des ventes du XVIIIe siècle (Chiquet de Champ-Renard en 1768 ; Calonne en 1788) et réapparu dans le commerce d’art parisien en 1994.

Mireille Serniguet