Antoine BIANCHI, La façade du Capitole, vers 1839

Antoine BIANCHI, La façade du Capitole, vers 18392018-09-24T14:05:12+00:00

Project Description

Antoine BIANCHI

La façade du Capitole

Daguerréotype (36 x 41 cm avec cadre), vers 1839 (image inversée)

Inv. 90.5.1

ll s’agit de la première photographie toulousaine, réalisée immédiatement après la présentation officielle du procédé inventé par Louis Jacques Mandé Daguerre en septembre 1839.

En 1818, Antoine Bianchi, opticien d’origine italienne, avait fondé au 73 rue de la Pomme un magasin spécialisé dans les instruments d’astronomie et de physique. En 1839, son fils, également prénommé Antoine, gérait l’établissement toulousain, tandis que le père s’occupait d’un second magasin à Paris, 11 rue du Coq-Saint-Honoré, qui voisinait avec celui de Giroux, l’opticien désigné par Daguerre comme le fabricant exclusif de ses chambres photographiques. Une chambre (ayant appartenu à l’architecte toulousain Edmond Chambert) dont l’objectif porte la marque de Bianchi laisse même penser que les deux hommes collaborèrent un temps. Le magasin de Bianchi fils se trouva donc tout naturellement associé à l’aventure du daguerréotype, faisant de Toulouse la première ville française, après Paris, à découvrir la nouvelle invention. Le 17 septembre 1839, le Journal de Toulouse fait état des premiers essais de Bianchi fils dans la ville, notamment « une façade du Capitole », qui pourrait bien être le daguerréotype du musée Paul-Dupuy.

Le daguerréotype est un procédé photographique dit « direct », c’est-à-dire sans le passage par un négatif. L’image est réalisée sur une plaque de cuivre recouverte d’une couche d’argent polie, puis sensibilisée à l’iode et révélée aux vapeurs de mercure, et enfin plongée dans une solution saline qui empêche l’image de noircir avec le temps. On obtient ainsi une image positive directe unique. Du fait du temps d’exposition très long, la plupart des daguerréotypes étaient des portraits réalisés en studio, ce qui rend d’autant plus précieuse cette première image toulousaine.

Claire Dalzin, 2016