V. Mocquet, George Dandin (acte 2, scène VIII )

V. Mocquet, George Dandin (acte 2, scène VIII ) 2018-02-19T13:25:45+00:00

Project Description

V. MOCQUET, George Dandin, v. 1850, burin, 290 x 200. Inv 5 324

Acte 2, scène VIII

GEORGE DANDIN.- C’est ainsi que vous satisfaites aux engagements de la foi que vous m’avez donnée publiquement.

ANGÉLIQUE.- Moi ? je ne vous l’ai point donnée de bon cœur, et vous me l’avez arrachée. M’avez-vous avant le mariage demandé mon consentement, et si je voulais bien de vous ? Vous n’avez consulté pour cela que mon père, et ma mère, ce sont eux proprement qui vous ont épousé, et c’est pourquoi vous ferez bien de vous plaindre toujours à eux des torts que l’on pourra vous faire. Pour moi, qui ne vous ai point dit de vous marier avec moi, et que vous avez prise sans consulter mes sentiments, je prétends n’être point obligée à me soumettre en esclave à vos volontés, et je veux jouir, s’il vous plaît, de quelque nombre de beaux jours que m’offre la jeunesse ; prendre les douces libertés, que l’âge me permet, voir un peu le beau monde, et goûter le plaisir de m’ouïr dire des douceurs. Préparez-vous-y pour votre punition, et rendez grâces au Ciel de ce que je ne suis pas capable de quelque chose de pis.

GEORGE DANDIN.- Oui ! c’est ainsi que vous le prenez. Je suis votre mari, et je vous dis que je n’entends pas cela.

ANGÉLIQUE.- Moi je suis votre femme, et je vous dis que je l’entends.

GEORGE DANDIN.- Il me prend des tentations d’accommoder tout son visage à la compote, et le mettre en état de ne plaire de sa vie aux diseurs de fleurettes. Ah ! allons, George Dandin, je ne pourrais me retenir, et il vaut mieux quitter la place.

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