D'après Ingres, Achille recevant les envoyés d'Agamemnon, 1801 © Musée Paul-Dupuy

Honoré Daumier, Achille et Agamemnon, Lithographie, 1851. © Musée Carnavalet / Ville de Paris

L’Iliade d’Homère commence par un premier choc entre deux héros : Agamemnon et Achille. Ils sont pourtant dans le même camp, celui des Achéens qui va combattre les Troyens afin de reprendre la belle Hélène.

« Chante, déesse, la colère d’Achille, le fils de Pélée; détestable colère, qui aux Achéens valut des souffrances sans nombre et jeta en pâture à Hadès tant d’âmes fières de héros, tandis que de ces héros mêmes elle faisait la proie des chiens et de tous les oiseaux du ciel – pour l’achèvement du dessein de Zeus. Pars du jour où une querelle tout d’abord divisa le fils d’Atrée [Agamemnon], protecteur de son peuple, et le divin Achille. » (Chant I)

Achille reproche à Agamemnon d’avoir refusé de libérer Chriséis, fille du prêtre d’Apollon, Chrysès, contre une rançon. Chrysès a alors déclenché la colère du dieu qui a entendu ses prières et « descend des cimes de l’Olympe, le cœur en courroux, ayant à l’épaule, avec l’arc, le carquois […]Il vient se poster à l’écart des nefs, puis lâche son trait. Un son terrible jaillit de l’arc d’argent. […] Neuf jours durant, les traits du dieu s’envolent ainsi à travers l’armée. »

Les fureurs des héros sont tempérées ou activées par les interventions des déesses et des dieux qui prennent partie pour l’un ou l’autre camp selon leurs intérêts, leur jalousie. Voir le rôle des dieux dans la guerre de Troie.

Ainsi, Athéna envoyée par Héra calme Achille « Athéné vient du ciel. C’est Héré qui la dépêche, la déesse aux bras blancs, qui en son coeur les aime et les protège également tous deux. Elle s’arrête derrière le Péléide et lui met la main sur ses blonds cheveux […] Je suis venue du ciel pour calmer ta fureur : me veux-tu obéir ? […] Allons ! Clos ce débat, et que ta main ne tire pas l’épée. Contente-toi de mots, et, pour l’humilier, dis-lui ce qui l’attend. […] »