Priam, roi mythique de Troie, père d’Hector et de Pâris, son épouse est Hécube. Il fait partie des vieux sages qui en raison de leur grand âge ne font pas la guerre.

Le meurtre de Priam se situe après la mort d’Achille. C’est l’épisode ultime de la guerre de Troie. Il est raconté au début de l’épopée de Virgile l’Énéide : récit des épreuves du Troyen Énée, ancêtre mythique du peuple romain, fils d’Anchise et de la déesse Vénus, depuis la prise de Troie jusqu’à son installation dans le Latium, en Hespérie (Italie). Écrit entre 29 et 19 av. J.-C., le poème se divise en douze chants et contient à la mort de Virgile environ 10 000 vers.

Énée à la demande de Didon raconte le saccage de Troie (chant II).

Enéide, II, 495

De mes propres yeux j’ai vu Néoptolème
ivre de carnage, et les deux Atrides, debout sur le seuil,
j’ai vu Hécube et ses cent brus et, parmi les autels, j’ai vu Priam
souillant de son sang les foyers qu’il avait lui-même consacrés.

Enéide II, 506-558

Antoine Rivalz, Le meurtre de Priam, © Musée Paul-Dupuy

Alors Priam, bien qu’il soit déjà à moitié saisi par la mort,
ne peut se contenir ni s’empêcher de crier sa colère :

Pour ce crime, pour ces forfaits si audacieux,
si il y a au ciel quelque justice qui se soucie des choses,
que les dieux t’infligent un digne châtiment, et un salaire mérité,
toi qui m’as fait voir de mes yeux le meurtre de mon enfant,
et qui  par ce massacre as souillé les regards d’un père.
Non, l’illustre Achille, dont à tort tu te prétends issu,
ne traita pas ainsi son ennemi Priam ; il eût rougi de violer
les droits et la confiance d’un suppliant et il me rendit, pour l’inhumer,
le corps exsangue d’Hector, puis me renvoya dans mon royaume ʼ.
Sur ces paroles, le vieillard, sans force, lança un trait impuissant,
qui aussitôt, rendant un son rauque, rebondit sur le bronze,
puis resta accroché, inutile, à la bosse du bouclier.
Pyrrhus lui répondit : ʻ Eh bien, tu iras comme mon messager
rapporter cela à mon père le Péléide. Souviens-toi de lui raconter
mes tristes exploits et l’absence de noblesse de Néoptolème.
Et maintenant, meurs ! ʼ Disant cela, il l’entraîne tout tremblant
vers les autels, et glissant dans la mare du sang de son fils ;
Pyrrhus de la main gauche lui saisit les cheveux, et de la droite
dégaine son épée étincelante, et la lui enfonce dans le flanc jusqu’à la garde.
Ainsi s’acheva la destinée de Priam.