Thétis

Fille de Nérée et de Doris, épouse de Pélée, Thétis est avant tout la mère d’Achille. Divinité marine et immortelle, elle fut élevée par Junon avec laquelle elle garde de puissants liens d’affection.

Thétis et Zeus

D'après Ingres, Achille recevant les envoyés d'Agamemnon, 1801 © Musée Paul-Dupuy

Iliade, I, 353-387

Achille vient de se disputer avec Agamemnon. Il a dû lui remettre la jolie Briséis.

« Lors Achille se met à pleurer, et, s’écartant des siens, il va s’asseoir au bord de la blanche mer (…) il implore sa mère, mains tendues :

« O mère, si tu m’as enfanté pour une vie trop brève, que Zeus Olympien qui tonne surles cimes n’eût au moins dû donner la gloire ! (…) voici le fils d’Atrée, le puissant prince Agamemnon, qui vient de me faire affront : il m’a pris, il me retient ma part d’honneur ; de son chef, il m’a dépouillé. »

« Mon enfant, pourquoi pleures-tu ? […]

D'après Ingres, Jupiter et Thétis, lithographie au trait, 1851 © Musée Paul-Dupuy« Va vers l’Olympe et supplie Zeus, si aussi bien tu as jadis, par parole ou par acte, servi ses désirs. » […]

Iliade, I, 461-499

« Thétis alors n’a garde d’oublier les instances de son fils. Elle émerge du flot marin et à l’aube, monte vers l’Olympe et le vaste ciel. Elle y trouve le Cronide à la grande voix, assis à l’écart sur le plus haut sommet de l’Olympe aux cimes sans nombre.

Elle s’accroupit à ses pieds, de sa gauche saisit ses genoux, de sa droite le prend au menton, et , suppliante, parle ainsi à sire Zeus, fils de Cronos :

« – Père Zeus ! si jamais, entre les immortels, je t’ai servi, soit par mes paroles, soit par mes actions, exauce ma prière.
Honore mon fils qui, de tous les vivants, est le plus proche de la mort. Voici que le roi des hommes, Agamemnôn, l’a outragé, et qu’il possède sa récompense qu’il lui a enlevée. Mais toi, du moins, honore-le, Olympien, très sage Zeus, et donne le dessus aux Troyens jusqu’à ce que les Akhaiens aient honoré mon fils et lui aient rendu hommage.
Elle parla ainsi, et Zeus, qui amasse les nuées, ne répondit pas et resta longtemps muet. Et Thétis, ayant saisi ses genoux qu’elle tenait embrassés, dit une seconde fois :
– Consens et promets avec sincérité, ou refuse-moi, car tu ne peux craindre rien. Que je sache si je suis la plus méprisée des déesses !

Et Zeus qui amasse les nuées, avec un profond soupir, lui dit :
– Certes, ceci va causer de grands malheurs, quand tu m’auras mis en lutte avec Hèrè, et quand elle m’aura irrité par des paroles outrageantes. Elle ne cesse, en effet, parmi les dieux immortels, de me reprocher de soutenir les Troiens dans le combat. Maintenant, retire-toi en hâte, de peur que Hèrè t’aperçoive.

Je songerai à faire ce que tu demandes, et je t’en donne pour gage le signe de ma tête, afin que tu sois convaincue.

Et c’est le plus grand de mes signes pour les immortels. Et je ne puis ni révoquer, ni renier, ni négliger ce que j’ai promis par un signe de ma tête. »