Ulysse est surnommé « l’ingénieux » ou « l’artificieux » : fils de Laërte, roi d’Ithaque. Il se signale par sa ruse et l’habileté de son éloquence.

Durant la guerre de Troie puis lors de son retour à Ithaque conté dans l’Odyssée, il a prouvé de nombreuses fois qu’il était ingénieux, rusé voire perfide. L’idée du cheval de Troie serait de lui.

Agamemnon accueillant Iphigénie, hors collection

Dans l’épisode du sacrifice d’Iphigénie devant apaiser la déesse ArtémisUlysse joue un rôle important : il convainc Agamemnon de sacrifier sa fille et de la faire venir en Aulide avec sa mère, Clytemnestre, en lui faisant croire qu’elle allait y épouser Achille.

Iphigénie, acte premier, scène III

Ulysse à Agamemnon :

De ce soupir que faut-il que j’augure ?
Du sang qui se révolte est-ce quelque murmure ?
Croirai-je qu’une nuit a pu vous ébranler ?
Est-ce donc votre coeur qui vient de nous parler ?
Songez-y. Vous devez votre fille à la Grèce,
Vous nous l’avez promise ; et sur cette promesse,
Calchas, par tous les Grecs consulté chaque jour,
Leur a prédit des vents l’infaillible retour.

Ulysse et Philoctète

Philoctète était fils de Péas et le fidèle compagnon d’Héraclès, qui, en mourant, lui laissa ses redoutables flèches qui ne manquaient jamais leur cible.

Eschyle, Sophocle et Euripide consacre chacun une pièce à ce héros, mais seule la tragédie de Sophocle, Philoctète, (409 av. J.-C.) est parvenue jusqu’à nous.

Ulysse n’a aucun scrupule lorsqu’il s’agit de donner la victoire aux Grecs.

Philoctète a été lâchement abandonné par Ulysse, il y a dix ans, sur ordre des chefs de l’armée, quand ils faisaient voile vers Ilion : il éprouve donc une haine violente contre Ulysse et les Atrides.

François Lucas, Néoptolème et Ulysse prenant les armes de Philoctète, XVIIIe siècle. © Musée Paul-Dupuy

Philoctète est cité dans l’Iliade par Homère lui-même qui décrit « les commandants des nefs et le total des nefs » (Iliade, II, 490-798)

Dans ce passage, Homère fait déjà allusion à ce qui se passera après l’Iliade et après la mort d’Achille. Le devin Hélénos apprend aux Grecs, que, pour se rendre maîtres de cette ville, ils devaient être en possession des flèches d’Héraclès.

Iliade, II, 715

« Puis les gens de Méthone et de Thaumacie, – et ceux de Mélibée et de l’âpre Olizôn. Ceux-là, pour chef de  leur sept nefs, ont Philoctète expert à l’arc ; et; montés à bord de chacune, sont cinquante rameurs, également experts aux durs combats de l’arc. Cependant Philoctète est couché dans son île en proie à de dures souffrances. Il est à Lemnos la divine, où l’ont abandonné les fils des Achéens ; il y souffre de la plaie cruelle qu’il doit à une hydre maudite. Il est là, couché, dans l’affliction. Mais l’heure est proche, où les Argiens, près de leurs nefs vont se ressouvenir de sire Philoctète. Ils ne demeurent pas néanmoins sans chef, quelque regret qu’ils aient de celui-là. »

Après la mort d’Achille, le devin Hélénos, capturé par Ulysse, a prédit que Troie ne serait prise que si les Achéens ramenaient Philoctète et les armes d’Héraclès de son île. Ulysse recourt encore une fois à la ruse pour prendre ses armes. Il envoie Neoptolème, fils d’Achille. Il gagne la confiance de Philoctète en se faisant passer pou un héros humilié par Ulysse et les Atrides, tout comme lui. Ayant gagné totalement sa confiance, Neoptolème lui prend ses armes mais il lui avoue ses mensonges et la prédiction d’Hélénos. Ulysse tente alors de forcer Philoctète à embarquer pour Troie. Le dessin de François Lucas représente ce moment. Ulysse ne peut cependant rien faire, étant impuissant contre les armes de Philoctète.

Dans la pièce de Sophocle c’est l’intervention Deus Ex Machina d’Héraclès qui oblige Philoctète à se rendre à Troie.

Hélénos a prédit qu’il serait guéri par les deux fils d’Esculape [Machaon et Podalyre] et qu’il renverserait la citadelle d’Ilion avec ses flèches et avec Néoptolème. Troie sera prise la même année. Héraclès complète la prédiction : Philoctète tuera Pâris de ses flèches, puis il renversera Troie. La ville sera donc prise une seconde fois grâce aux flèches d’Héraclès (allusion à la Première guerre de Troie).